Le site du Hochberg offre son écrin au musée Lalique
Les Vosges du Nord : une région de tradition verrière ancienne
Le développement de l'activité verrière dans le Pays de La Petite Pierre
La tradition verrière dans les Vosges du Nord est ancienne. Elle remonte en effet à la fin du XVe siècle. Peu prospère, la région offre toutefois aux maîtres-verriers les matières premières nécessaires à l'exercice de leur art. L'épais manteau de grès couvrant la contrée fournit en effet la silice, élément de base pour la fabrication du verre, et les forêts abondantes le combustible. Gros consommateurs d'énergie, les verriers sont en quête perpétuelle de bois de chauffage. Ils restent généralement vingt-cinq ou trente ans au même emplacement, le temps d'utiliser les bois concédés, puis reprennent leurs migrations et sollicitent de nouveaux acensements. Ce caractère semi-nomade explique la sobriété des halles et des maisons d'habitation et l'appellation verreries portatives ou volantes.
Après un XVIIe siècle marqué par la guerre de Trente Ans et les guerres de Succession, le retour à la paix favorise le développement économique de la région et le secteur du verre connaît un nouvel essor. Les verreries vont se sédentariser et parmi celles fondées au siècle des Lumières certaines accéderont à la notoriété et contribueront à la renommée de ce territoire. Citons ainsi celles de Meisenthal, Goetzenbruck et Saint-Louis en Lorraine, de Wingen et du Hochberg en Alsace.
Le site verrier du Hochberg
La verrerie du Hochberg : un siècle et demi d'activité
Fondée en 1715, la verrerie du Hochberg sera en activité jusqu'en 1868, fabriquant des bouteilles, des verres de montre et du verre à vitre, production dans laquelle elle se spécialise au cours du XIXe siècle.
Après un diagnostic archéologique réalisé sur l'ensemble du site, des fouilles ont été menées par le Pôle d'Archéologie interdépartemental rhénan en décembre 2007. Elles ont permis de mieux comprendre le fonctionnement de la halle, bâtiment constituant le cœur de la verrerie, construit en bois sur des fondations en pierre.
C'est autour de cette halle que la vie s'organisait : des maisons ont été construites à proximité et les premiers essarts ont été transformés en champs et en prés, les verriers, en complément de leur travail à la verrerie, exerçant des activités agricoles et pastorales.